reappropriations
Aller dans un vide grenier, un Emmaüs, une déchèterie, dans la rue, pour y dénicher un trésor, c'est à dire un tableau, un dessin, une œuvre qui se terre et s'abîme et attend d'être révélée, touchée, em-portée.
Comme l'anneau unique dans la trilogie du Seigneur des anneaux, sa valeur devient effective en appartenant à quelqu’un, en devenant sien ou sienne.
Il faut une certaine affection, un certain regard pour une certaine réhabilitation. Prendre au premier degré le « second hand » en voulant donner un coup de main, avec, paradoxalement, intrusion, érosion du sujet déjà peint, déjà « aimé » par un/une autre. Aimer un sujet en peinture, c'est poser un arrêt sur image, figer le battement du cœur du sujet et avoir foi dans le présent perpétuel de ce battement, tel un entracte, une rentrée, une
RE-TROUVAILLE.
« Mon précieux ! » m’écrie-je en apercevant ce tableau qui m’appelle au milieu des autres. J'aime cet appel. J'aime reconnaître parmi les rebuts, les oubliés, les abîmés, les rejetés - un coup de cœur.