Chewing-gum, solitude et passion 2, 76 X 56 cm, 2016/2023, crayon de couleur, pastel, acrylique, papier Arches
Cette pièce est un montage s'étalant sur plusieurs années et périodes. Si l'on considère que le temps est fait de deux dimensions, il se plie et peux donc peut se couper et se recouper.
Il y a d'abord cette connaissance à qui je voulais offrir son portrait avec son ami d'alors. Je n'ai jamais eu le temps de lui offrir. Son copain s'est avéré pour le moins toxique et leur histoire était terminée. J’ai gardé le dessin et j'ai effacé sa figure à lui en utilisant cette base dessinée comme support de mes futurs dessins et qui allait garder les marques de ce temps imposé, des macules stigmates aux coups de crayons de couleur. Je n'ai aucune haine envers lui, juste un mépris plastique qui génère un effacement punitif. Ensuite il y a eu l'intervention innocente de mon fils Ernest, encore plein de son expression abstraite et dont je ne cesse de m'inspirer aujourd'hui. Enfin, il y a ces trois parties centrales, à gauche un dessin issu de ma série « les esprits » coupé car mal aimé.
Le dessin central est issu de la série « les couples » . La mise en relation de la pornographie pure si l’on peut dire cela et la représentation de l’amour sans corps, m’a fait réaliser que j’avais vécu de la violence extrême par mes attentes d’un amour qui n’arriverait pas et par une lutte cruelle de mon corps avec cette attente, qui semble devenue alors une pornographie des sentiments.
Et le dernier petit morceau à droite est une chute d’un de mes dessins dont je ne me souviens plus le nom. Je considère l’oubli au même rang que ce dont on se souvient. C’est l’envers du décor, la zone enfouie qui ne s’efface jamais et qui parfois fait pleurer, en éclatement.